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Savoir lui dire, le podcast

Savoir lui dire, le podcast

By Emilie Soulez
SAVOIR LUI DIRE, le podcast des hommes et des femmes qui communiquent.
Emilie Soulez explore avec ses invités l'importance de DIRE, le sens, les méthodes.
- Saison 3 : "SOIFS !". Les aspirations des communicant.e.s qui ont été assoiffé.e.s durant la crise de la COVID19 et qui vont de l'avant.
- Saison 2 : "Intimement confinés". Une série de textes inédits, lus par leurs auteurs - hommes et femmes de tous horizons - durant le confinement au printemps 2020.
- Saison 1 : "Leaders communicants". Des interviews de leaders qui décryptent leurs prises de parole et leurs façons de communiquer.
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[SOIFS #13] Conversation - Alexis Minchella, créateur du podcast "Tribu Indé"
A quoi bon converser avec sa communauté ? Mais d'ailleurs, expert en content marketing, ça veut dire quoi ? Quel est le deal entre un podcasteur et sa communauté pour qu'elle soit fidèle et bienveillante ? Comment devient-on podcasteur et auteur pour sa communauté ? Alexis Minchella, créateur du podcast Tribu Indé et expert en content marketing, répond à ces questions au micro d'Emilie Soulez. Avec déjà plus de 200 000 écoutes pour 59 épisodes, son podcast Tribu Indé dévoile les clés de succès des indépendants dans leur vie entrepreneuriale. Alexis partage avec méthode et talent ses connaissances en matière de content marketing et de freelancing, pour en faire bénéficier le plus grand nombre.  #conversation #dire #savoirluidire #communauté #podcast #podcasteur #contentmarketing #freelancing #entreprenariat [Musique Originale : Laurent Barselo Waltzer pour Savoir lui dire]
37:38
March 3, 2021
[SOIFS #12] Surdouance - Fabrice Micheau, fondateur de HPI talents
Comment les adultes surdoués vivent-ils la crise sanitaire que vous traversons ? Leurs compétences hors-normes sont-elles plus que jamais mises à contribution ? D'ailleurs, est-il toujours utile de savoir qu'on est surdoué ? Faut-il DIRE qu'on est surdoué, et à qui, comment ? "Surdoué", est-ce un "truc" à la mode ? Demain, les surdoués seront-ils davantage recherchés par les DRH, dans un environnement complexe, incertain et volatile ? Fabrice Micheau, fondateur de HPI talents et coach spécialisé dans l'accompagnement des adultes surdoué, répond aux questions d'Emilie Soulez autour des personnalités atypiques. Il donne un éclairage sincère sur les parcours d'adultes surdoués, leurs angoisses, leurs talents, leurs ressources, et livre ses SOIFS, en cette période de pandémie mondiale.  #surdoué #HPI #talents #DRH #dire #savoirluidire #VUCA #coach #surdouance [Musique Originale : Laurent Barselo Waltzer pour Savoir lui dire]
45:48
February 17, 2021
[SOIFS #11] Handicap - Sophiatou Ndiaye, Fondatrice et gérante de YumainCap
Que devient la question du handicap en période de crise sanitaire ? Comment agissent concrètement les DRH pour davantage d'inclusion dans les entreprises ? Qui en parle ? Sophiatou Ndiaye œuvre concrètement pour le maintien des personnes en situation de handicap dans les entreprises. Elle est l'invitée d'Emilie SOULEZ pour ce nouvel de la saison SOIFS, et elle a des choses à nous DIRE sur la question du handicap. [Musique Originale : Laurent Barselo Waltzer pour Savoir lui dire] #handicap #sensibiliser #tolerance #respect  #inclusion #dire #savoirluidire 
25:41
February 5, 2021
[SOIFS #10] Surprise - Emilie Soulez, fondatrice de Savoir lui dire, interviewée par ses enfants
Pour clore l'année 2020, Emilie Soulez a proposé à ses enfants de l'interviewer, sans lui dévoiler leurs questions au préalable. Âgés de 16 à 5 ans, Vannina, Timothée, Edgar et Bianca se sont prêtés au jeu : ils ont questionné leur mère en toute franchise, chacun avec son style. Emilie évoque avec eux ses SOIFS pour l'année à venir, tout en répondant à leurs questions parfois surprenantes, et en faisant le point sur son année 2020 d'entrepreneure en confinement. Bonne écoute et à l'année prochaine ! [Musique Originale : Laurent Barselo Waltzer pour Savoir lui dire]
15:47
December 31, 2020
[SOIFS #9] Improvisation - Florian Bartsch, créateur de NEW, la comédie musicale improvisée
En cette fin d'année 2020, tandis que le monde du spectacle compte les jours de rideau baissé et se bat pour survivre, Florian Bartsch se livre au micro d'Emilie Soulez.  Cet artiste et inventeur effréné n'a cessé de créer pendant les confinements successifs. Improvisateur depuis plus de 20 ans, créateur de NEW - la comédie musicale improvisée -, professeur d'impro et formateur en entreprise, Florian a SOIF de scène, de contacts humains et de voyages. Mais il revient aussi avec lucidité sur les transformations à venir pour les artistes et producteurs en 2021. Que pourrait bien apporter l'art de l'improvisation au monde entier, en plein crise sanitaire ? C'est l'une des questions que lui a posé Emilie Soulez. Bonne écoute ! [Musique Originale : Laurent Barselo Waltzer pour Savoir lui dire]
41:36
December 23, 2020
[SOIFS #8] Vidéo-learning - Aysseline de Lardemelle, Fondatrice d'Evolitude
Et si la crise, avec tout ce qu'elle engendre d'inconfortable, était une opportunité pour gagner en conscience ? Dans cet inconfort, est-il possible de gagner en compétences ? Emilie Soulez reçoit Aysseline de Lardemelle, fondatrice d'Evolitude, également formatrice, coach, conférencière. Aysseline évoque les stratégies de formation des grands groupes en ces temps difficiles, notamment pour ce qui est du micro-learning / vidéo-learning. Elle appelle à + de conscience, mais aussi à la responsabilisation de chacun, dans des entreprises. Qu'elles soient libérées ou non, toutes doivent se montrer flexibles et prendre soin des salariés, en évitant la victimisation. Aysseline de Lardemelle a conçu 250 vidéos de management et soft-skills (gestion du stress, confiance en soi, changement, communication,…), en français et en anglais, ouvertes aux entreprises et aux particuliers sur www.evolitude.com. [Musique Originale : Laurent Barselo Waltzer pour Savoir lui dire]
28:23
November 9, 2020
[SOIFS #7] Questionnement - Guy Amoureux, philosophe, coach et consultant au sein du réseau Pluridis
Proposer du coaching ou recourir au coaching en temps de crise, est-ce bien raisonnable ? A quelles conditions le questionnement peut-il nous aider à nous en sortir ? Que doivent appréhender les coachs en période de crise, dans leur façon d'accompagner les individus ? Guy Amoureux, philosophe, coach et consultant au sein du réseau Pluridis, se livre au micro d'Emilie Soulez. Il évoque avec conviction sa soif de penser. Il invite les coachs à l'économie de questions, au croisement des cadres de référence, à la modestie. Un entretien qui invite à la réflexion et à la suspension du jugement. [Musique Originale : Laurent Barselo Waltzer pour Savoir lui dire]
29:57
October 21, 2020
[SOIFS #6] Recrutement - Jacques-Christophe Midey, Dirigeant-fondateur de RH Adequacy
"Kant disait qu'on mesure l'intelligence à la capacité à supporter l'incertitude" Quels sont les profils qui vont faire la différence parmi les managers de demain ? De quelles qualités ont-ils besoin ? Quelles politiques de recrutement pour les entreprises qui trinquent ? Quel regard porter sur le marché de l'emploi aujourd'hui ? Dans un contexte économique difficile, fortement impacté par la crise sanitaire de la COVID-19, Emilie Soulez reçoit Jacques-Christophe Midey, Dirigeant-fondateur du cabinet de recrutement RH Adequacy. Il salut la force des TPE et PME, garde un certain optimisme, et énonce les qualités du manager "réducteur d'incertitude"... Un échange authentique et porteur d'espoir. [Musique Originale : Laurent Barselo Waltzer pour Savoir lui dire]
26:31
October 14, 2020
[SOIFS #5] Illustration - Jérémie Claeys, illustrateur, auteur et créateur du Podcast SENS CREATIF
"Une image vaut mille mots"... et pourtant Jérémie Claeys, illustrateur, auteur et podcasteur, ne se contente pas des images. Il emploie aussi les mots. Témoignages, histoires, métaphores et illustrations, tout cela est bon pour connecter les personnes entre elles. Jérémie est en quelque sorte le philosophe des artistes de l'image, le penseur de la créativité. Vulnérable, généreux, authentique, bavard… C'est ainsi que nous l'aimons. Jérémie Claeys livre avec simplicité ses SOIFS au micro d'Emilie Soulez, pour ce 5ème épisode de la saison 3. Retrouvez son podcast SENS CREATIF sur https://anchor.fm/senscreatif  [Musique Originale : Laurent Barselo Waltzer pour Savoir lui dire]
34:46
September 23, 2020
[SOIFS #4] Intime - Patrick Papazian, Médecin sexologue hospitalier, auteur et communicant santé
Parler de l'intime, aborder la sexualité, est-ce un angle prioritaire en période de crise, tandis qu'il est question, parfois, de vie et de mort ? Comment écouter l'autre et accueillir pleinement ce qui se présente dans le dialogue ? Est-ce qu'évoquer l'intime est à la portée de tous ? Ce sont autant de questions soulevées avec Patrick Papazian, médecin sexologue hospitalier, auteur et communicant santé depuis 20 ans. Il réfléchit avec subtilité à son rôle et nuance chaque réponse lorsqu'il raconte, au micro d'Emilie Soulez, son quotidien auprès de ses patients. Point de certitudes mais de réelles convictions, incarnées, chez ce médecin sexologue indéniablement doué pour le colloque singulier avec ses patients. Patrick Papazian est l'auteur, entre autres, de "Parlez-moi d'amour" Editions l'Opportun. [Musique Originale : Laurent Barselo Waltzer pour Savoir lui dire]
25:09
September 12, 2020
[SOIFS #3] Management - Damien Gauthier, Directeur associé du cabinet de conseil et de formation CINAPS
Pour ce troisième épisode de la série "SOIFS", Emilie Soulez reçoit Damien Gauthier, Directeur associé du cabinet de conseil et organisme de formation CINAPS. Un cabinet de conseil en management qui accompagne les PME, grands groupes, entreprises publiques depuis 30 ans. (www.cinaps.com) Damien Gauthier évoque avec philosophie la perte des certitudes durant la crise, mais aussi l'accélération de l'innovation dans le champ de la formation et de l'accompagnement, et l'agilité déployée. Il s'attache à bien différencier et  à nuancer les modalités permises par le digital et le distanciel, en complément de celles déjà connues en présentiel. Il mise enfin sur un cocktail personnalisé, innovant et multi-modal en matière de formation des collaborateurs, tout en se projetant vers un retour de la confiance dans les entreprises. [Musique Originale : Laurent Barselo Waltzer pour Savoir lui dire]
17:07
July 25, 2020
[SOIFS #2] Communication santé - Odile Finck, fondatrice et Présidente de l'agence Action d'Eclat
Pour ce deuxième épisode de la saison SOIFS, Emilie Soulez reçoit Odile Finck, Présidente de l'agence Action d'Eclat, figure charismatique du monde de la communication santé. Toute l'équipe d'Action d'éclat a continué à communiquer et à travailler sur ses fondamentaux durant la crise du COVID19, avec force et conviction. Odile Finck, Présidente de l'agence, livre ses impressions et intuitions sur le distanciel, le phygital, les aspirations et devoirs des laboratoires pharmaceutiques en matière de communication... Pour 2021, elle parie notamment sur l'émotion, l'humain, la précision des messages, et évidemment sur l'action et l'éclat. [Musique Originale : Laurent Barselo Waltzer pour Savoir lui dire]
19:03
July 10, 2020
[SOIFS #1] Jeu - Timothée Ansieau, comédien improvisateur
Pour ce premier épisode de la saison "SOIFS", Emilie Soulez reçoit Timothée Ansieau, comédien improvisateur et directeur artistique de la compagnie EUX. Ultra-flexible et détendu, Timothée a soif de contacts, de jeu, mais aussi d'un "après COVID19", d'une nouvelle façon d'agir et de consommer... Il nous livre avec authenticité son regard d'artiste sur ce monde du spectacle à l'arrêt et sur ses envies pour demain. Il promet un retour en fanfare pour sa troupe EUX en octobre 2020 ! [Musique Originale : Laurent Barselo Waltzer pour Savoir lui dire]
16:43
June 17, 2020
Annonce Saison 3 : "SOIFS" - Emilie SOULEZ
Bonjour, et bienvenue dans SAVOIR LUI DIRE, le podcast des hommes et des femmes qui communiquent… Parce que la crise du COVID19 nous a assoiffés, de relations humaines, de contacts, de mouvement, de déplacements en tous genres, des autres… buvons ensemble les paroles de ceux qui ont SOIF et envie d’aller de l’avant… SOIFS, c’est la troisième saison de Savoir lui dire, le podcast. [Musique originale : Laurent Barselo Waltzer]
00:60
June 9, 2020
[Intimement confinés #24] "Saison 2 - On n'a pas encore reçu les scripts !" Perrine Megret (avec la participation de Florian Bartsch)
Saison 2, on n’a pas encore reçu les scripts Pardon, mais on n’a pas encore reçu les scripts pour la saison 2. Déjà, qu’on a été un peu pris de court sur la saison 1 : du jour au lendemain, on nous a dit: voilà, ce sera un huis clos et votre décor, c’est ça. On tourne demain. Point. Pendant 2 mois, on a été les pantins, les automates, les acteurs, les réalisateurs d’un pilote de série sans en être les vrais auteurs. Pour rentrer dans nos personnages, on a d’abord reçu un imagier, comme quand on était petit pour apprendre à parler. [ A, comme Attestation C, comme Chloroquine, D, comme Distance Sociale, ... ] Avec l’imagier, semaine après semaine, on a commencé à comprendre les répliques qu’on nous a sommés de dire dans cette boîte qu’on nous a sommés d’habiter. Une fiction où tout le monde a les mêmes répliques et vit un bouleversement au même moment : le concept est puissant. [Répliques] - Tu veux que je mette les infos? - T’as signé ton attestation? - Il a perdu le goût et l’odorat aussi. Succès planétaire de la série. Histoire virale. Suspens contagieux. Chacun connaissait son rôle sur le bout des doigts, pour le meilleur ou pour le pire. Et là, dans quelques jours, on nous demande de tourner la saison 2. Et les scripts, on les a toujours pas… “Mais du coup, au début de la scène, quand j’arrive, je peux lui faire la bise ou pas?”. C’est toi qui vois “Et le masque, faut le porter dans ce plan et dans ce plan?” C’est toi qui vois. “Et si mon personnage, il veut retrouver ses amis, et qu’il y a cette histoire de porteur sain, il y a un couple avec un nourrisson. Du coup, je fais quoi?“ C’est toi qui vois “Du coup, je comprends pas. Mon personnage, il est censé avoir peur, dans cette scène ou pas?” C’est toi qui vois. Corona. Saison 2. Pas de décor décidé, pas de texte imprimé, pas de direction de jeu, même pas une plateforme claire pour improviser... Début de tournage le 11 mai: à nous de jouer.” Perrine Megret (avec la participation de Florian Bartsch)
02:14
May 10, 2020
[Intimement confinés #23] "Cent confinements, exactement comme ça ." Caspar Schjelbred
10 mai 2020. En plein confinement face au COVID19, un texte écrit et lu par Caspar Schjelbred. Cent confinements, exactement comme ça Je lis ce que j'ai écrit depuis le début du confinement. Ce que je me suis imaginé écrire. Ce que je me suis dit. En vrai, je ne me suis pas adressé à moi-même. J'ai plutôt essayé de répondre. Bien, j'ai répondu. Mais à qui ? À quoi ? Qui a posé les questions ? Personne, évidemment. Ou bien tout le monde. Cela revient au même. C'est moi qui ai posé les questions. Où ? Comment ? Quand ? Qui ? Quoi ? Pourquoi ? Je les ai posées, comme ça. Pas sur une quelconque surface, plutôt envoyées dans l'air. Comme des gestes de l'esprit. Non pas pour répondre. (Encore, ce serait à qui ?) Mais pour en être enveloppé. Pour me donner la possibilité d'être les réponses, une à la fois. J'ai pris de notes. J'ai perçu et j'ai reçu. J'ai observé et j'ai écrit, imaginé écrire. Il n'y a pas grand chose à dire. Où ? Comment ? Quand ? Qui ? Quoi ? Pourquoi ? Si, quand même. Je pourrais en parler toute la nuit ou toute une journée ; j'ai fait des grandes découvertes. Immenses. Vastes. Immédiates. Surtout immédiates. C'est ça. Il n'y a rien à dire dans l'immédiat, seulement après. Pendant devient juste après dès que je me mets à dire. Par contre, sentir et penser, c'est possible. Réfléchir non. Percevoir oui. Être là, concrètement, réellement, et jouir discrètement de ce fait fondamental. Qui est : mon confinement dans la réalité physique. Si j'ai appris quelque chose ces deux derniers mois, s'il y a quelque chose que je comprends mieux maintenant, c'est que savoir se confiner dans la réalité physique, c'est salutaire. C'était le jour où j'ai cessé de répondre qu'il s'est passé quelque chose : il ne s'est rien passé. Où. Comment. Quand. Qui. Quoi. Pourquoi. J'étais les réponses. L'une après l'autre. En dialogue immédiate avec mon existence, question et réponse ensemble. J'étais : au centre, comme ça, exactement comme ça et pas autrement, séance tenante, souvent en retard, moi, autre, principe rimbaldien incarné, toutes mes sensations, cause, drame humain et divine comédie. J'ai ri. Le matin où j'ai vu cent confinements courir dans les rues de Montmartre, au lieu de voir cent joggeurs énervants, ça m'a donné envie d'être parmi eux. Être avec moi-même parmi les autres. Le lendemain j'ai mis des chaussures de sport et j'ai commencé à courir, moi aussi. C'est il y a presque un mois aujourd'hui. Hier matin, en faisant mon tour, j'ai enfin compris. Se confiner à la réalité physique, entrer dedans, c'est sortir de tout autre confinement. Espace. Forme. Temps. Emotion. Mouvement. Histoire. Les six portes d'entrée sont toujours là. Ou les six sorties, si vous voulez. Cela dépend de votre point de vue. Ce texte est dédié à Mary Overlie. Caspar Schjelbred
03:45
May 10, 2020
[Intimement confinés #22] "Le confinement allégorie d’une naissance ." Audrey Harroch
10 mai 2020. En plein confinement face au COVID19, un texte écrit et lu par Audrey Harroch "Il me vient à l’esprit la cartographie de la mémoire de nos fondations biographiques individuelles : nos mémoires périnatales tracées par Stan Grof psychiatre et un des fondateurs de la psychologie transpersonnelle. Ces matrices représentent les stades et expériences périnatales vécues par le fœtus qui ont ancré en nous des empreintes comportementales physiques et émotionnelles. Et si ce confinement était l’allégorie de ce processus ? Il aurait commencé comme une douce félicité Du temps pour soi, pour penser Du temps pour casser le rythme fou de la vie Dans lequel nous ne nous sentions plus en harmonie Un paradis perdu dans lequel nous revenions nager Dans une unité et un extase non dissimulés Puis l’angoisse a surgi Et nous a démunis A coup incessants d’informations Nous oppressant comme autant de contractions La psychose s’est installée devant le JT Un sentiment de non-sens, et d’absurdité Nous voilà pris dans un tourbillon Dont on ne voyait plus le fond Ensuite l’angoisse a atteint son paroxysme La mort a frappé tout près et nous a fait suffoquer Un sentiment d’impuissance et de devoir lutter M’ont fait l’effet d’une explosion, d’un combat de titan qui ne disait pas son nom Voilà qu’approche le 11 mai 2020 Une date qui sonne comme une fin A moins que ce ne soit qu’un début ? Ça aussi nous l’avons beaucoup lu… Et si sortir du confinement était un commencement ? Une forme de renoncement, Mais aussi un soulagement Une sortie du tunnel, Au bout la lumière nous appelle Et si c’était une naissance ? Une nouvelle vie avec plus de sens ? Tout à coup une forme d’urgence, Et d’appréhensions des conséquences Quitter la matrice comme une expulsion Comme une première séparation Libératrice et exultant A l’image du printemps impatient Une promesse de cycle nouveau De renaissance de renouveau Mais qui ou quoi nous attend au bout de ce chemin ? Il nous faudra attendre demain pour sonder le destin !" Audrey Harroch
02:19
May 10, 2020
[Intimement confinés #21] "Confinement et autres rimes CON..." Alexia Dumonceau
10 mai 2020. En plein confinement face au COVID19, un texte écrit et lu par Alexia Dumonceau Confinement et autres rimes con…. Content ou pas content ? est ce un choix ou un état de fait ? Confinement : quelle a été votre configuration ? Contrit par La règle des 5 C : C'est Con mais C'est Comme Ca ! ou constructif : peut-être pas si con tout ça finalement ? Qu'on se trouve FACE à soi ou AVEC soi-même, quel a été le chemin parcouru en 8 semaines ? Confronté et combatif face à la dure réalité du terrain sanitaire ou convié à rester sagement confiné ? Compassion pour les autres ou consternation de l'impuissance ? Compulsifs sur les achats ou constructifs pour l'environnement ? Compliqué de maintenir les engagements ou Confortable d'avoir ce répit pour justement ne pas les tenir ? Conception d'une nouvelle vie familiale ou de retrouvailles avec soi-même ? Compromis à faire entre travail et maison, entre les exigences du manager et celles de la famille Complexe de savoir s'il faut se réjouir du gain de temps ou s'inquiéter du manque d'argent ... Consécration d'un temps dédié à nos rêves depuis longtemps oubliés ou combat contre les journées qui ne font "que" 24 H Concrétisation de projets depuis longtemps mis en jachère, Combat contre cette roue de la vie qui tourne si vite et dans laquelle certains courent comme des hamster Contrainte ou opportunité ce confinement ? Contrainte ou opportunité ce déconfinement ? Comment allons nous déconfusionner ? déconfiture face à la déconstruction d'un monde que l'on connait Des condoléances que l'on découvrira peut-être a posteriori Déconcerté par la reprise des activités et déconnecté d'une forme de réalité ou juste dé-condamné et prêt VIVRE pleinement, parce que nous avons le  bonheur d’être là, juste là ! Sans déconner ! Alexia Dumonceau
02:22
May 10, 2020
[Intimement confinés #20] "Dans ma cabane, sans mes masques". Nathalie Ohana
10 mai 2020. En plein confinement face au COVID19, un texte écrit et lu par Nathalie Ohana. Alors nous y voilà. Je commençais à avoir pris le pli. A avoir vécu sans beaucoup des choses habituelles mais avec des nouvelles amies. Je m'étais recréé un monde. Un monde moins large. Moins vaste évidemment. Petit même on peut dire. Etriqué parfois. Mais ô combien confortable. J'étais sortie de ma zone de confort, j'avais dû apprendre tout de zéro, me forcer à innover, improviser, j’avançais sur un pied, en sautant même parfois. Et puis au fil des pages de mon cahier, au fil des joggings autour de la maison, des cafés à répétition, des cours de yoga jamais terminés, des séances de méditation avortées, finalement je m'étais recréé une autre zone de confort. Une zone dans laquelle on se laisse surprendre par le chant des oiseaux, par un doux rayon de soleil qui caresse le visage, par la vigne qui donne ses premiers grappillons, par les albums de photos qu'on reparcoure, par la visite de mon amie disparue, dans mes rêves ou au saut du lit. Oui, je m’étais construit un nouveau monde comme on se construit une cabane en bois dans le jardin. De bric et de broc. Avec un cageot à la place d'un plumard. Qui laisse passer la pluie et le froid mais qui a l’énorme avantage de ne plus nous confronter au vrai monde. Qui désamorce les peurs. Qui ne laisse entrer que des visages familiers, connus, aimants. Qui donne l'impression qu'on peut vivre toute sa vie dans un entre-soi insolent. Et puis à peine au moment où j'avais de moins en moins de courbatures, où j'avais commencé à d'apprivoiser ce cageot en guise de lit, on m'annonce que ça y est. C'est la fin de l'aventure à la Tom Sawyer. Fini le bivouac. On regagne ses pénates. On rentre dans le dur. On remet nos masques. Pas seulement les masques de protection blanc. Ceux la ne me dérangent pas. Non, je parle d'autres masques. Toutes sortes de masques. Et comme je suis une très bonne comédienne et une improvisatrice de talent, alors je vais me remettre à jouer. A jouer tous les rôles qu'on va me donner. A porter toutes sortes de masques, parfois sans même m'en rendre compte. Et quelque chose me dit qu'avec ces masques, nos peurs vont revenir. Nathalie Ohana
02:33
May 10, 2020
[Intimement confinés #19] "Careful what you wish for". Phoebe Taubman
May 9th. During the containment against COVID19, a text written and read by Phoebe Taubman. Careful what you wish for This virus has a nasty sense of humor. Before the pandemic, I was living a full and beautiful life with my husband and two kids in Brooklyn, NY. But like all New Yorkers, I had wistful visions of a simpler existence. I imagined myself walking among trees in the forest rather than cramming into the subway with a crush of humanity. I daydreamed of quiet and the space to be with my thoughts, interrupted only by birdsong. My husband is a native New Yorker. He has the city’s rhythm in his veins. He’s constantly moving, striving, planning. He loves the city. Yet even he would muse out loud about finding the quiet, learning patience, and spending more time with our kids. Then came the coronavirus -- like an evil genie, granting our wishes with a smirk of self-satisfaction on its face. “You wanted a slower pace? You wanted more time with family? You wanted to practice patience? Shazam! Wishes granted!” We are living in the country now. We moved in with my husband’s parents two months ago. We have endless time with family. No more busy schedules. No more rushing between appointments. No more subway commute. We are with our kids all day, every day, and yes, we have been practicing patience. Careful what you wish for, I guess. But I know I am lucky. And I am grateful. Grateful for the woods. For the ability to walk outside without wearing a mask. Grateful for two extra adults who help with the work of cooking, cleaning the house, and homeschooling my kids. Grateful for the ability to shelter in such a peaceful place. Still -- I miss my home. I grieve for my city. All that human density and perpetual movement created a lot of friction, but it also produced an extraordinarily beautiful light. I miss its glow. I know better than to make any more wishes. I am chastened. But I do hope. I hope that the inequities this virus has laid bare will not soon be forgotten after the storm has passed. I hope that this experience will spur our species to care more for each other, for our planet, and for the other creatures who share this precious home with us. I fervently hope that my fellow Americans will vote, in record numbers this November, for leaders who believe in science and the public good. And I hope that one day soon, we will be able to breathe, sing, and laugh within six feet one another, without fear. Phoebe Taubman
03:32
May 9, 2020
[Intimement confinés #18] "Le roi Covid sous un ciel bleu". Dr Stéphane Bounan
8 mai 2020. En plein confinement face au COVID19, un texte écrit et lu par le Docteur Stéphane Bounan, Gynécologue-obstétricien, chef de service de la maternité de l'hôpital Delafontaine à Saint-Denis. "Il fait très beau ce matin, comme tous les matins depuis le nouveau monde. Il ne fait pas trop chaud, le ciel est bleu, pas un nuage. L’air paraît pur, j’ouvre la fenêtre de la voiture et arrête la climatisation qui d’ordinaire me donnait une sensation de protection. Un vent léger et grisant agite mes cheveux et refroidit mon visage, il me rappelle que je roule vite sur ce trajet familier. Je suis presque seul sur cette route en cette heure dite de pointe. Je longe la Seine, brillante et libre, repensant à mes enfants laissés dans leur école et crèche, il y a quelques instants. Le personnel volontaire des écoles était particulièrement agréable ce matin, nous avons échangé quelques mots qui se sont terminés par des encouragements et même par une réciproque reconnaissance. Au loin un barrage de police, je ralentis prêt à montrer mes papiers et mon laissez-passer mais alors que je ne fus pas encore arrêté, on m’ouvre la voie, salué d’un « bon courage ! ». Ce nouveau monde peut avoir des cotés agréables. Hier soir à vingt heures, j’expliquais à mon jeune fils que les gens qui applaudissent au balcon le font pour les gens comme papa qui soignent d’autres gens malades. Devant la joie que lui provoquait le droit de faire du bruit à la fenêtre de manière démesurée et dans le vacarme des claquements de main, corne de brume, sifflets et tintement de casseroles, je fus pris d’une certaine émotion. Il peut être émouvant le nouveau monde. J’arrive sur le parking de ce grand hôpital de banlieue. Des barrières de chantiers sont recouvertes de dessins d’enfants qui nous disent merci. A l’entrée, les fumeurs ont laissé la place à un dispositif de sécurité hors norme. J’entre dans le cœur de la machine .Une machine de guerre. Ici, comme ailleurs rien n’est comme avant. Le monde nouveau n’a qu’un seul ennemi et nous en sommes les soldats. Ici, pas de déserteur, pas de traître, les gens se sont adaptés, mais comme d’habitude ils soignent. Ce fut une vague. Elle fut haute, imprévisible et meurtrière. Le roi Covid a tout annexé, plus rien n’a d’importance, au pas de charge, il prend tout, les chambres, les services, les hommes et les femmes, les esprits. Les réanimations sont rapidement pleines complétées par des réanimations éphémères poussant comme dans champignons dans les moindres mètres carrés encore disponibles. L’enfer, c’est le seul mot sur lequel tout le monde s’accorde. A un couloir, de ces zones morbides et désespérées, se trouve la maternité. A la maternité, la vie continue, des bébés naissent dans la joie. Le sourire franc d’une mère, le visage étincelant de sueur me fait oublier que ce soir je rentrerai le long d’une route déserte, à travers une ville qui a laissé place au silence . A l’hôpital qui fut mon lieu de confinement, Moi je n’ai pas vu de soldat, mais de la fierté, de l’enthousiasme, de l’amour et du don de soi. J’ai vu des êtres humains, sous le ciel bleu d’un exceptionnel printemps." Dr Stéphane Bounan
03:06
May 9, 2020
[Intimement confinés #17] "Le chant des oiseaux". Alessandra Serra
7 mai 2020. En plein confinement face au COVID19, un podcast improvisé par Alessandra Serra, comédienne.
01:56
May 7, 2020
[Intimement confinés #16] "Charabia". Vannina Barselo
6 mai 2020. En plein confinement face au COVID19, un texte écrit et lu par Vannina Barselo, lycéenne, la plus jeune de nos invités dans ce podcast.  CHARABIA "J’écoute en boucles le silence d’un monde autrefois bruyant puis je bois la musique, du matin au soir. Je me nourris de mille mélodies et je dessine des mots sur des pages blanches, sans raison. Des mots qui ne veulent rien dire. Je les accorde et je fais des phrases. Je réfléchis, je recommence, tous les jours. Un désordre permanent dans ma tête, un langage incompréhensible, un charabia. Je ne comprends pas. Tu ne comprends pas, ce que je raconte, pourquoi ? Difficile de comprendre un monde arrêté. Difficile de faire face. Difficile de te dire que je t’aime parce que oui je t’aime et tu l’oublies peut-être. Je t’aime. Deux mots, qui manquent, parfois. On aime, sans savoir, alors on ne dit rien, comme si c’était suffisant. Mensonge. Toi aussi tu m’aimes, peut-être. On ne se le dit pas. Personne ne le dit. Personne n’ose dire quelque chose, dans ce monde endormi. La peur. La peur de dire. La peur des mots. Les nôtres, et ceux des autres. La peur ambulante ; celle qui nous ronge de l’intérieur jusqu’aux derniers instants d’éveil. La peur. Difficile de faire face. Difficile d’affronter le monde craintif. Un monde dominé par le vide, nommé roi en ces temps, comme pour effrayer les êtres. Je l’ai regardé, moi aussi, et j’ai vu le silence se poser sur ses lèvres inexistantes. Fascinée par une telle transparence, je n’ai rien su dire, moi non plus. Alors j’ai chanté, des paroles, pour essayer de comprendre, le monde. Est-il vraiment possible de comprendre le monde, à 16 ans ou à tout âge ? Peux-tu seulement songer à ce micro-organisme auquel la Terre entière est en ces jours réduite ? Pendant que tu essaies de déchiffrer mes paroles, j’attends que quelqu’un, vienne enfin ouvrir la porte. En attendant, je continue de réfléchir et de te raconter n’importe quoi. Je continue d’argumenter mon charabia. Mes mots n’ont sans doute pas de sens mais ils existent, et font ainsi obstacle à ce vide, ce rien du tout, dans lequel nous somme plongés. Raconte-moi, dis-moi, chante moi quelque chose. Montre moi que je ne suis pas seule dans ma cage à réfléchir. Quelques soient tes paroles, montre moi que tu existes encore, et que nous sommes tous ensemble, face à la peur qui finira vaincue, un jour, peut-être. Même dans l’incertitude, on a toujours de quoi créer, de quoi inventer, de quoi dire, écrire ou chanter. Dis moi que tu m’aimes, que tu es là ; je ne te demande qu’un signe. Quelque chose. Montre moi ton art, ou simplement ton âme. Et même si je ne peux pas te prendre la main, sache que je suis avec toi. Vannina Barselo
03:10
May 6, 2020
[Intimement confinés #15] "Renaissance". Chloé Rouge-Pullon
2 mai 2020. En plein confinement, un texte écrit et lu par Chloé Rouge-Pullon. "Un mois que je suis ici. Une grasse matinée par jour, je sors deux œufs du frigo pour les faire au plat, prend une assiette et des couverts. Le sel, les biscottes au beurre et une boisson chaude. Il est midi ou treize heures, je prends une douche me lave les cheveux un jour sur trois ou quatre, comme j’aurais fait avant. Ce qui a changé, je passe la journée en culotte et en crocs, la majeure partie du temps dans le jardin. Sous un soleil fidèle, qui caramélise ma peau un peu plus tous les jours. La pluie semble ne plus exister. Je coupe des branches, tonds la pelouse, taille les arbres, je philosophe avec l’écorce. Je prends le soleil, et le temps. Et des photos. L’allure de ma future entreprise si précise dans mon esprit il y a quelques mois, semble changer de couleurs. Il y a aura des nuances, des ajustements c’est sûr, peut-être même bien plus. ` Avec ce nouveau monde sur le pas de notre porte, rien n’est plus sûr et c’est tant mieux. Les oiseaux chantent, les insectes passent de fleur en fleur, et les pièces d’un puzzle que je ne connaissais pas, s’assemblent discrètement. Je regarde les boutons des roses s’ouvrir, j’arrose, j’écris, je lis, je relie, je m’émeus, et parfois j’appréhende le retour chez moi à Paris. Je n’en veux pas ou plus, je capte le piège, l’enfermement dans lequel je vivais, étriquée, entre tous ces gens bruyants, ces egos, ces peurs, ces courses et ces plaques de béton et tout ça, sans m’en apercevoir. Depuis un mois, je découvre la dépendance affective non plus sous son aspect conceptuel non, sous toutes ses facettes, la vie me teste. Elle utilise mon premier amour, le voisin, mon soi-disant frère d’âme, ma sœur Ingrid, mon ex Ludovic, mon père et mon mec, les membres de mon asso. Je vois comment se tissent l’hypersensibilité, le manque d’autonomie, la peur panique des process et des modes d’emplois en tous genres. Depuis un mois, je peins et colle tout en couleur, ou tout en sombre, pour faire sortir les ombres. Depuis un mois, je découvre comment ma vision de l’amour idéal diffère de ma vision du couple commun, et encore davantage de celle que je vis aujourd’hui. Je travaille à les aligner. J’ai trouvé mon couple « Expander ». Ça veut dire qui représente THE couple de la mort qui tue pour moi. Je l’ai trouvé sur Netflix, Claire et Jamie Frazer forment le couple héro de la série Outlander. Ils représentent mon couple idéal, même si bien sûr je ferais moins la maligne si j’étais catapulté en 1748 en Ecosse. Aujourd’hui, je me couvrirai un peu plus, le ciel est nuageux. Les tourterelles le coq et autres pioupious, sont toujours au rendez-vous. Je porte la marinière de maman dont j’ai fait disparaître les tâches. Depuis un mois, j’éclaire un peu plus mon profil de neuroatypique. J’en découvre les recoins, les limites et les forces, et œuvre à les rapprocher pour les fondre. Hier, je suis sortie avec mon attestation, pour tenter de me procurer des plants pour le potager. Mais il y avait la queue jusque dehors. J’ai été contrôlée par la police sur le retour. Cet homme m’a demandé mon attestation et ma pièce d’identité. Il a été charmant, je suis repartie après quelques échanges sympathiques. D’autres n’ont pas la chance d’avoir ma couleur de peau. D’autres n’ont pas le type qui va bien, les cheveux blonds et les yeux clairs. D’autres sont jetés au sol et insultés pour aucune raison dans le 93. Moi je vis mon confinement dans cette jolie maison, dans un village de riches. Je crois que nous choisissons nos combats, avant de choisir précisément notre piste d’atterrissage, et le corps à travers lequel nous allons les livrer."
04:07
May 2, 2020
[Intimement confinés #14] "Je reste sans voix". Laurent Javault
1er mai 2020. En plein confinement face au COVID19, un texte écrit et lu par Laurent Javault. "Je reste sans voix. La bonne blague. Voici le premier podcast sans paroles. Voir tous ces humains dans leur salle-de-bain, leur jardin, leur train-train. Voir leur bagnole prendre la poussière. Ca me laisse sans voix. Bagnole sur laquelle je me pose et dépose mon petit caca. Ce n’est pas pour me déplaire. Ensuite ? Ensuite je reprends mon vol. J’ai noté que le ciel m’appartenait comme jamais il ne m’a appartenu. D’habitude je dois le partager avec ces grands trucs tout là-haut qui se prennent pour moi. Mais moi j’ai bien vu le filet blanc ridicule qu’ils laissent traîner de leurs fesses. En plus il paraît qu’il y a des gens assis là-dedans. Assis comme au cinéma. Assis derrière leur ordinateur. Moi ? Je ne transporte rien d’autre que mon âme de moineau. Parfois je me dis c’est trop con. On pourrait s’entendre, depuis le temps. Nous les moineaux (je ne parle pas de ces salauds de pigeons qui pullulent et m’ont chassé des squares) et vous les humains. Depuis le temps qu’on se fréquente, on devrait avoir chacun notre place, tranquilles, peinards, sans histoires. Mais vous en faites des histoires. Vous ne faites même que ça. La dernière en date, c’est donc cette histoire qui met une pause à votre propre histoire. Encore un truc impossible que vous avez inventé ! Vous ne vous arrêtez jamais ? Cette histoire de virus donc, qui me ferait presque rire des deux ailes, à vous voir reclus comme des moines dans vos habitations. A propos de moine :  on en a connu un, nous les oiseaux, il y a bien longtemps. Il nous appelait, nous venions ; il nous parlait, nous écoutions. Celui-là au moins ne nous tirait pas dessus. C’était en Italie, du côté d’Assise je crois. Moi, je sais bien que lorsque vous ressortirez de votre maison, ce déjà-fameux 11 mai (vous voyez rien ne m’échappe) ce sera pour nous tirer dessus. Oh, pas avec des fusils bien sûr ! Vous êtes trop malins. D’ailleurs vous êtes les premiers à nous trouver adorables, mignons, à signer des pétitions et à nous afficher en poster dans les chambres de vos enfants. Non, vous nous tirez dessus à votre façon : en abîmant les campagnes, les champs ; en mettant du béton partout, en cultivant partout les mêmes plantes, en y mettant partout des produits qui sentent mauvais et nous empoisonnent tout le corps à petit feu. Voilà c’est dit. On n’est pas dupe. Là vous êtes sur pause. Demain vous serez sur avance rapide. Car il paraît que c’est la crise économique. Vous voulez dire, votre crise économique ! Notre crise à nous, de moineaux, de corbeaux, de perdreaux, que sais-je – et tiens j’intègre même ces idiots de pigeons – notre crise à nous, vous dis-je, mais vous n’en avez rien à foutre au fond… Pardon pour ce gros mot. Un moineau ne devrait pas être vulgaire. Vous m’y forcez puisque vous êtes vous-mêmes vulgaires, malgré toute votre, oh la la, formidable intelligence. J’en dirais autant de votre espèce de narcissisme, ou plutôt de votre narcissisme d’espèce. Je vais m’arrêter là. Je vais vous laisser. Je vais en profiter pour faire encore un petit tour au-dessus de la ville tant que c’est possible, tant que vos bagnoles ne m’emmerdent pas (désolé encore pour le gros mot). J’aime pas vos pare-brise. … (un temps) « Moi, moineau. » Je vous entends rire d’ici. Et pourtant, je vous le redis : « moi, moineau. » Il faudra bien qu’un jour, tout primate que vous êtes, vous entendiez de nous autre chose que de charmants gazouillis. « Moi, moineau… je ne chante plus, je crie. »" Laurent Javault
04:36
May 1, 2020
[Intimement confinés #13] "Une terre d'évasion". Hervé Resse
"Se sentir d’un pays auquel ne nous rattache ni la terre, ni l’hérédité, pas la moindre goutte de sang… Proche par les seules voies du cœur, liens invisibles qu’on aura mis quarante années à dénouer… Je suis de l’Ecosse comme on est d’une autre destinée. Les Ecossais nous aiment. Ce n’est pas si fréquent. Cela remonte aux Stuart, à des guerres anciennes qu’ils gardent en mémoire, quand nous les avons oubliées. Qu’on ne soit pas d’Ecosse comme on est d’Angleterre me semble une évidence. Moins du nationalisme, qu’une solide « Tradition ». Si j’étais svelte, je m’offrirais cette coquetterie : le kilt, et tous les accessoires, flashes, chaussettes en laine, épingle, ceinture celtique. Pour comme disait Boris Vian, « ne pas crever sans avoir porté une robe sur les Grands Boulevards ». D’Édimbourg ma fille m’a ramené une large écharpe de tartan vert et bleu, merveille d’élégance. Dieu fasse que je ne la perde jamais, rien ne me peinerait davantage. Se joindre aux chœurs de Murrayfield, entonner Flowers of Scotland… La moindre cornemuse me donne le frisson. Et me bouleverse comme jamais la voix rocailleuse de Rod Stewart, soudain si douce pour Auld Lang Syne. "And surely you will buy your cup / And surely I'll buy mine / And we'll take a cup o'kindness yet / For auld lang syne". Me ravissent bien sûr les noms des Single Malts, surtout les gaëliques, imprononçables : « Auchroisk », « Bruichladdich », « Bunnahabhain », « Usquaebeach ». En posséder des dizaines, partir avec de vrais amis en voyages de recherche : comparer - sans modération aucune - les arômes, saveurs, subtilités… sans y laisser jamais le peu de santé qui reste. Pour fuir le confinement, je m’offre un dram de ce subtil Fettercairn qu’un ami cher m’offrit pour mon anniversaire. Et j’avance dans la Trilogie Ecossaise de Peter May. Trois enquêtes policières marquées d’un humanisme rude, sauvage comme une odeur de tourbe, sur une île du nord-ouest qui l’est tout autant. Je n’y survivrais pas deux semaines ! Mais cela me renvoie vers Aout 2001. Deux intenses émotions. Nous sommes sans le savoir tout proche du 11 septembre, renaissance de ce monde inhumain qui nous voit ces jours-ci confinés. Et nous revenons d’Ecosse, chaque journée là-bas vécue comme un voyage aux sources de l’imagination dont Inverness serait le climax. Depuis l’âge de huit ans, je rêvais du Loch Ness. Un article de France-Soir m’apprenait qu’il s’y cachait peut-être un animal mystérieux, - mammifère ou poisson, qui pouvait dire-, un monstre hantant les eaux du Lac depuis des millénaires, à moins qu’à plusieurs ils aient fondé une dynastie échappant à l’insatiable besoin des hommes de toujours tout savoir, à défaut de comprendre. L’irruption de Nessie fut plus une bénédiction, un bonheur, et la revanche d’un imaginaire qui depuis ma naissance m’était confisqué. Comment dire le manque qu’aura signifié dans ma vie l’interdiction formelle de croire au Père Noel ; si ridicule que cela sonne dans la bouche d’un sexagénaire, cela m’a marqué. A jamais. Le Père Noel, « ce mensonge qu’on raconte aux enfants pour les manipuler », jurait la mère. Ce qui était pernicieux, pervers, c’était m’instrumentaliser pour affirmer son propre rêve de toute-puissance, et me voler ma place d’enfant en me déguisant en surdoué à qui on ne la fait pas. Pour que l’Ecosse lointaine conserve sa magie, il fallait que le rêve ne fût pas trop vite calmé par le voyage. Je ne l’ai fait qu’à 43 ans, et n’y suis pas depuis retourné. Mais cela se fera : quand bien même elle ne sera qu’un piège à touristes en mal de mystère et d’ésotérisme désuet, j’irai visiter la Chapelle Roselyn. Car je suis un Ecossais. Reconnu comme tel par mes Pairs, et par eux Accepté. Je suis de l’Ecosse comme on est d’une victoire de l’imaginaire et du symbole, sur le Réel qui étouffe. Loin de tout confinement, physique ou mental, l'Ecosse est à jamais mon Graal, terre ultime d'évasion." Hervé Resse
04:19
April 29, 2020
[Intimement confinés #12] "Nos lendemains". Patrick Chayriguès
28 avril 2020. En plein confinement face au COVID19, un texte écrit et lu par Patrick Chayriguès, comédien et chanteur. "Dans ce confinement que nous subissons depuis plus d’un mois maintenant, dans cette réclusion que nous n’avons pas choisie, pas voulue et qui, pour ma part, me renvoie à mes pires terreurs d’enfance liées à l’enfermement, je pense à toi forcément. A toi qui es en prison pour une raison que je n’ai pas à connaître ; à toi aussi, cloué sur un lit d’hôpital à cause d’une maladie ou d’un accident dont je ne sais rien. Je n’estime pas bien sûr que nos situations sont comparables, cela serait bien ridicule et bien présomptueux de ma part. Mes privations de sortie, d’espace n’ont rien à voir avec les vôtres. Je suis chez moi dans un espace agréable ou pour le moins que j’ai choisi. J’ai la possibilité de contacter mes amis, mes proches quand je le veux et surtout , je suis avec ma famille qui, même si cela est un peu pesant parfois, m’entoure d’amour et de bienveillance. J’ai également le luxe de pouvoir m’isoler quand je le souhaite, pour écrire ce texte par exemple. J’imagine, je dis bien, j’imagine, que nos situations se confondent dans la difficulté à trouver un sens à ce vide, à ce rien, à ce manque de perspectives qu’elles génèrent. Aujourd’hui ressemble à hier mais aussi à demain. Mais comment continuer à vivre si nous ne remplissons pas ce « demain » d’envies, d’espoir, de désirs ? Sans la possibilité de reprendre la route afin d’aller voir ce qui se cache derrière cette colline que nous apercevons à l’horizon, nous sommes peu de choses. J’ai entendu récemment quelqu’un dire : « si nous ne rêvions plus, nous mourrions » Voilà, dans toutes nos diverses situations, pour continuer à avancer, nous devons continuer à rêver à demain. Nous devons continuer à nous jeter vers cet inconnu. C’est à la fois très grisant et parfaitement terrifiant. Au théâtre, on appelle ça, le trac. Et je peux vous dire que c’est une drogue très puissante dont je n’ai pas du tout envie de me passer. En fait, j’ai même hâte de ressentir à nouveau ses effets. Je nous souhaite à tous de merveilleux demains." Patrick Chayriguès
02:11
April 28, 2020
[Intimement confinés #11] "Eloge du confinement". Nicolas Pasquet
27 avril 2020. En plein confinement face au COVID19, un texte écrit et lu par Nicolas Pasquet, co-fondateur de MAK'INOV. "Le confinement qui nous est imposé, à l’intérieur d’espaces, petits ou grands, ouverts ou non, en fonction de là où nous nous trouvons, est source de ressentis paradoxaux. Il est vécu à juste titre, sans doute par beaucoup, comme une privation de liberté. Il génère des sensations d’angoisse, d’asphyxie, voire des situations d’exclusion, de réclusion sur soi-même, de distance avec les Autres et peut-être aussi, par voie de conséquence, de distance avec soi. Pour d’autres, a contrario, cet enfermement représente un temps suspendu propice au recueillement, à la contemplation, aux retrouvailles, et avec soi, et avec ses proches, parents, enfants, maris, femmes, amis. J’y vois pour ma part un espace inconditionnel fertile aux mondes des idées, à la noosphère, l’univers des idées, car les idées forment des systèmes, qui peuvent être selon Edgar Morin, clos (telles les doctrines) ou ouverts (telles les théories). L’arrêt momentané d’un état social cadencé par un temps en accélération constante, a pour incidence de mettre en pause, une vie, certes excitante, trépidante le plus souvent, mais en ébullition permanente, une sorte de mouvement perpétuel, que seule la nuit vient interrompre. L’arrêt que nous vivons, pour providentiel qu’il soit, pas pour tous, bien malheureusement, contribue au dépôt progressif de toutes les fines particules de pensée qui étaient jusqu’alors en suspension, à peine au-dessus de nos têtes. Certes, l’effet ne fut pas immédiat. Il a fallu que l’air cesse d’être ventilé. Le principe d’inertie dira-t’on ! Aujourd’hui, je ressens les effets de cet arrêt providentiel qui coïncide avec la reprise de mon activité cérébrale. Une interruption pour un redémarrage. Aussi, ce temps nouveau est marqué d’une part, par un immobilisme physique, et d’autre part, par un dynamisme mental. Les idées, amassées depuis le début de ma vie, toutes mes expériences et leurs ressentis, depuis toujours en apesanteur, ont fini par se déposer pour former entre eux des débuts d’histoires. Pour fomenter de nouvelles idées. Par devenir intelligibles, c’est-à-dire, en reprenant l’étymologie intelligere, par créer des liens entre elles, et en faire apparaître de nouveaux. Pour résumer mes propos, je détournerai et prolongerai les mots célèbres du poème d’Alphonse de Lamartine, le Lac. « Ô temps, suspend ton vol, et vous, heures propices, suspendez votre cours », et permettez alors, à nos idées oubliées, à nos réflexions abandonnées, de se retrouver, pour former à présent, ce pourquoi elles étaient, sans doute venues jusqu’à nous, forger nos croyances, nommer l’invisible, éclairer nos vies, et nous en faire acteur. Noosphérique n’est-ce pas !" Nicolas Pasquet Maisons-Alfort, le 25 avril 2020
03:05
April 27, 2020
[Intimement confinés #10] "A toi, à moi...". Thibault Montoya
25 avril 2020. En plein confinement face au COVID19, un texte écrit et lu par Thibault Montoya, co-fondateur d'EDZO. "Une pandémie violente, un virus tueur et invisible fait vaciller notre vie. A toi le chef qui voulais toujours contrôler, A toi qui voulais maîtriser ton destin, A toi qui montes ton business, A toi qui t'inquiètes chaque jour pour ceux que tu aimes, A toi qui auras lu des tonnes de développement personnel dont,  l’injonction parmi les injonctions était de lâcher prise et de mieux se connaître,  à grand renfort de tests pour mieux d'étiqueter, A toi philosophe qui nous redis que la sagesse et la logique sont les seuls voix d’un travail à mobiliser pour communiquer intelligemment, A toi artiste drôle et émouvant qui nous touches et te fais payer en like, A toi dirigeant, leader dans ton domaine qui nous rassures chaque jour en proposant une direction, A toi qui écoutes tout ce bruit et qui te perds dans les innombrables dimensions, directions, voix, rire, envie d’insurrection, émotion, indignation, à toi qui ne vois sur facebook que les posts de tes mêmes potes qui t'enfermeront à coup sûr encore dans des boîtes, à toi le croyant qui trouve son refuge dans l'au-delà, à toi enfin l’au-delà , que fais-tu ? m’entends-tu ? où vas tu ? quand ton humanité est désespérée et enfin… A toi l’hypothétique extra-terrestre qui traverse des années lumières pour nous rencontrer et qui n’est pas même pas fichu de nous filer un vaccin. A moins que cela soit à toi , complotiste qui penses que les illuminati ou simplement l’élite se coordonne chaque jour pour mieux asservir l’humanité dans un grand plan, A toi le bouffeur de chauve souris et de pangolin que je honnis, et à nous consommateurs heureux qui avons déséquilibré la planète sans le vouloir, A vous les docteurs folamour qui dirigez les peuples sur vos tas de bombes, Bref à nous, à vous et surtout à moi…. Laisse tomber, abandonne-toi, tu ne peux plus rien y faire. Trop d’externalité. Je viens de comprendre la bible. les catastrophes  bibliques ( vraies ou pas d’ailleurs ) symbolisent deux choses essentielles : Un on n’a pas de contrôle ... et c’est flippant…. et deux il faut trouver la joie dans chaque instant car tout peut se perdre ce soir. Alors je retire mes certitudes, j’observe en moi la peur et l’inquiétude qui chaque jour me conduit à ne pas aimer l’autre, à vouloir me protéger, construire un look , attendre des like comme un mendiant de l’amour. Pour disrupter, pour transgresser, pour éviter la tarte à la crème de la méditation ou des medocs contre l'angoisse, pour aller plus loin que sa petite personne, pour sauver notre monde, commence par t’aider toi,  abandonne toi et souris maintenant... tu verras comme c’est dur de faire un sourire… vas y. Fais une pause . Souris… et recommence… Il n’y a rien que tu ne puisses faire d’autre.  Alors prie ! Prie à toi-même, pour toi-même, au petit Dieu, même et surtout athée. Que tu aies un dieu ou pas, prie justement seulement toi… démarre par là. Chaque jour, tu as le pouvoir d’aller à droite à gauche, de dire oui ou de dire non, d’engueuler ta femme ou de te calmer, de vivre tes émotions et de raisonner. Alors abandonne toi, laisse tomber, souris, sois heureux de respirer, si tu as la chance d’avoir un enfant, considère-le et regarde le dans les yeux : Prie toi, toi-même et le monde sera sauvé ! Une pandémie violente, un virus tueur et invisible fait vaciller notre vie  : abandonne toi, fais ce qui est juste, aide-toi d’abord à être meilleur et le monde sera sauvé." Thibault Montoya
03:56
April 25, 2020
[Intimement confinés #9] "Il était une fois...". Aurore Juillard
 23 avril 2020. Texte écrit et lu par Aurore Juillard. Ce soir, je viens te raconter une histoire. Il était une fois, une planète qui allait à 1000 à l’heure, une planète sur laquelle les habitants avaient appris à vivre ensemble, se divertir en chantant, s’évader en lisant… Une planète sur laquelle les habitants avaient appris à domestiquer les animaux, à construire des moteurs, à conduire des voitures, et même à voler. Sur cette planète, rien n’était impossible : tu pouvais décider de quitter Paris un soir et être à New York le lendemain, tu pouvais traverser les mers, et les océans, un beau jour, cette planète ralentit.  Le mouvement perpétuel dans lequel elle était lancée s’arrêta et progressivement on vit des cerfs se promener en ville, on vit des rorqual s’aventurer sur les côtes, chacun entendait, à sa fenêtre, les oiseaux qui l’entouraient depuis toujours. Les usines s’arrêtèrent de produire, les voitures de rouler, les avions de voler, et en très peu de temps, l’air devint respirable, de l’avis des plus grands spécialistes scientifiques,  on pouvait écouter la planète respirer. Du jour au lendemain, il n’était plus possible de se rendre à New York en un clic ; ni même de visiter ses amis dans la rue d’à côté. Personne n’était épargné, tous les habitants de cette planète étaient touchés. Jour après jour, chacun réappris à cuisiner, à s’intéresser à son voisin, on inventa des jeux, et des chansons … De nouveaux mots apparaissaient « confinement », « déconfinement », « distanciation sociale »… On ne pouvait plus compter le nombre de fois où ces mots étaient prononcés chaque jour, dans toutes les langues, sur toute la planète. Ce ralentissement soudain est arrivé à un moment différent pour chacun des habitants de la planète. Certains étaient heureux de tout ce temps offert, d’autres souffraient de l’éloignement, ou s’inquiétaient pour leurs proches. Le plus étonnant c’est que tu pouvais éprouver tout cela, d’un instant à l’autre de la journée. Et puis, de nombreux habitants de la planète ont été en danger : ils n’avaient pas de quoi se nourrir, ni même parfois d’endroit où aller pour se protéger. On s’est dit que c’était l’occasion de prendre le temps de lire davantage, l’occasion de s’arrêter, pour penser autrement. Dans cette étape suspendue, on se mit à faire des listes, la liste de nos envies … Mais ça n’était pas si simple. Moi qui habitais cette planète, je peux te raconter. Te dire que pour moi qui ne cessait de courir, j’ai du stopper la course des trains, des trajets en voiture, des RV à droite, à gauche… il m’a fallu du temps pour accepter ce ralentissement. Accepter qu’il avait des effets sur mes émotions et que, sans doute, je ne ferai pas tout ce que j’avais imaginé. Accepter qu’il m’est si difficile de ralentir. Cette histoire n’est pas terminée, nous n’en connaissons pas la fin. Je me prends parfois à l’imaginer… Je rêve que nous puissions nous en souvenir comme d’une extraordinaire opportunité, nous dire que ce fut une chance précieuse pour la planète, et pour ses habitants. Car si les habitants avaient su domestiquer leur planète, un être microscopique a été capable de suspendre leur course. Ce qui semblait impossible aux habitants de cette planète, un être microscopique l’a fait. Mes émotions s’emmêlent, je suis touchée par les élans spontanés de solidarité, Emue par la difficulté que nous avons à prendre cette distance sociale, inquiète pour ceux qui souffrent, consciente du privilège que j’ai de pouvoir, passée la sidération, mettre des mots sur ce que nous vivons. Nous avons appris à vivre ensemble, autrement. A la fin de cette histoire, je formule un vœu pour demain, je souhaite pouvoir à nouveau te serrer dans mes bras, reconnaissante de ce que cet être microscopique nous a appris de bien plus précieux que toutes nos machines … Mais ceci est une autre histoire, je te la raconterai plus tard… Bonne nuit. A demain
03:60
April 23, 2020
[Intimement confinés #8] "Si tu écoutes son coeur". Bettina Soulez
22 avril 2020. En plein confinement face au COVID19, un texte écrit et lu par Bettina Soulez.  « Elle s’ voyait déjà en haut de l’affiche… »  Non, non ! pas du tout ! Ah, ah ! Mauvais début ! Car, dans son songe, c’était très différent. Après… disons… « une avanie en entreprise », elle n’était pas du tout en haut de l’affiche ! Au contraire !, elle se voyait debout, au bord d’un gouffre immense… face à rien, toute petite, inutile. Si les deux rives du gouffre s’étaient rapprochées, éventuellement, elle aurait pu prendre le risque d’une enjambée même si l’autre rive, si aride, lui semblait encore bien peu désirable… Et ce n’était pas un pont qui manquait, c’était sa propre audace... Elle aurait aimé que, soudain, l’aridité du lieu s’estompe, que l’eau s’infiltre, que la vie renaisse sur les berges, que le gazon apparaisse, que la terre devienne couffin-coussin comme on l’aime !, au lieu de ces bords revêches prêts à l’engloutir. Alors, dans ce songe, elle offre ses larmes à la lumière. Elle appelle à l’aide ses alliés pour qu’ils l’empêchent de tomber, pour qu’ils lui donnent confiance, devinent son avenir et l’y accompagnent. Et malgré son corps figé et son cœur souffrant, sa tête lui dicte d’avancer pour qu’elle se projette ailleurs, une fois la peur de cette maudite trouée domptée ; elle lui propose un monde où ce qu’elle est, véritablement, va renaître. Et soudain, dans ce songe, enfin, elle est sur l’autre rive… « Adieu, veau, vache, cochon, couvée » comme disait l’insouciante Perrette. Vous autres, continuez sans elle à extrapoler, compter, stocker, déstocker, vous qui aimez calculer ! Elle, elle a mieux à faire : elle a de « vrais gens » à rencontrer. Heureusement, ce songe n’a duré qu’un temps, le temps d’éclaircir sa pensée… Car, bien sûr, il l’a changée. Grâce à lui, elle a « presque » oublié… l’avanie… ou bien elle s’est construite avec elle. Aujourd’hui, elle admet et aime l’irréversibilité du passé. Aujourd’hui, elle porte la parole du timide, elle ose à la place du vaincu, elle  partage avec l’oublié... Emplie de tous, elle est comme une poupée russe : ronde, pleine, colorée, voyageuse, chanceuse, optimiste. Sa langue est universelle et l’ère numérique la propage. Elle est un clavier bavard, une liberté réveillée, un héritage bien en vie, un abandon accepté, une main tendue. Nourrie de l’air du temps, elle se réjouit de la diversité des gens, du cumul de leurs talents et des paroles échangées. Aujourd’hui, elle croit fermement en un avenir coloré, grâce à ces ponts lancés entre différents mondes… Oui, éternellement, elle rêvera d’un avenir arc-en-ciel." Bettina Soulez, le 22 avril 2020.
03:48
April 22, 2020
[Intimement confinés #7] "Ceux qui restent". Bérengère Jullian
21 avril 2020. Texte écrit et lu par Bérengère Jullian. "La lune est vagabonde. Oh, voici un drôle de compagnon, son nom ? le vide. Salut toi, le vide. 4 petites lettres alors que tu prends tant de place. Je flanche, tu te déhanches, tu sembles heureux de ma larme, fatale à souhait contre les regrets que tu as amenés. Je suis agacée par ce regard aride que tu me lances. Certes, on peut voir l’horizon, mais regarde cette brume tout autour que tu as laissé en te créant. Me voilà maintenant dos à dos, face à face, nez à nez avec ton aspect si vaporeux et pourtant si présent. Tu prends de la place, tu m’étouffes. Tu me bouffes, tu m’esbrouffes. Quel drôle de mot que je te donne ici, oui tu fais tant de bruits dans ton silence. Me voilà finement en déconfiture auprès de toi, tu te veux si appétissant, mais je n’ai plus d’appétit, mes papilles papillonnent ailleurs, dans les pensées, surtout les souvenirs, les souvenirs de celle qui se trouve en haut. La saveur de la vie a changé depuis, goûter au jour qui passe demande un effort, et autant dire que je suis très mauvais critique culinaire. J’ai faim. Faim de ses histoires et de son parfum. Me voilà en bien mauvaise compagnie, tu ne parles pas, du moins tes maux sont pesants et si lourds que je les mets en sourdine, je ne peux même pas appeler ce dehors qui me manque tant pour essayer de passer à autre chose. Alors je réfléchis, sans fléchir car ça serait avouer que tu as gagné. Prendre ce temps irréfléchi pour faire pencher l’esprit vers d’autres horizons. Oui, j’ai le temps, en effet, par ta transparence, tu me le rappelles. Je ferme les yeux et n’y vois que du noir, il est apaisant. Si je me concentre sur ce baume, je peux même y voir quelques formes qui s’amusent à me faire voir les choses autrement, qui s’amusent à me faire passer le temps, je les ouvre à nouveau, bien heureuse, sérieuse. Tu es toujours là. Non, je ne détiens pas de pouvoir magique pour te faire disparaître et la refaire apparaître elle. Il y a ceux qui restent, pas que moi. Tous les autres, celui qu’elle a aimé aussi…Il reste lui aussi. Il est aussi entouré par toi, Monsieur Vide. Monsieur Vide. Et si plein à la fois. Attends un peu, tu parais moins impressionnant soudain, toujours aussi mystérieux, aux aguets pieux d’un signe de ma part. Plus je me souviens, plus je ressens, plus je pleure, plus je sèche, plus je m’assèche, plus je me lève, plus tu parais moins impressionnant. Plus j’écris, plus j’oublie ce qui fait mal, moins contre toi je râle. Tu murmures quelques notes « saute, saute… ». En toi ? tu me rattraperais, vraiment ? « Saute, Saute… ». C’est ça, être si plein ? De vide, te voilà devenu inconnu, pardon, L’inconnu, quel sage connu tu es et pourtant si méconnu. Sauter dans tes bras, c’est avoir grande confiance. Je ne veux pas l’oublier, je veux juste avancer. Tu me promets ? Saute, saute, un pas n’est pas facile, j’ai mis plusieurs années avant de marcher, alors me relever, je ne t’en parle même pas. Tenir sur ces deux pattes, car je ne suis plus un enfant….quoi que….c’est leur innocence et leur force que je veux. Tu m’effleures encore, tu te rapproches davantage, tu me séduis, on ne m’a jamais fait la cour comme toi, sans dire un mot mais si insistant, si grand. Il y a ceux qui restent. Il y a moi. Il y a toi qui me charme, et me rend mes reflets parme. Vide inconnu, tu as su me parler. Voilà ce que tu m’as appris, sauter en toi, cher inconnu, malgré les peines que l’on peut porter, malgré les poids que l’on peut ressentir…Car toute fin est un nouveau début, toute fin d’une chose est un début d’autre chose. Pardon, tu n’aimes pas ce mot chose, si vague, il fait que l’on divague, en divergeant de l’essentiel, le cœur…il a ses faiblesses. Boum. Ses forces. Boum. Mais il bat. Boum. Il bat pour ceux qui sont en haut. Boum. Et pour ceux qui restent. Boom, il se bat encore plus. La lune était bien vagabonde ce soir." Bérengère Jullian
04:13
April 21, 2020
[Intimement confinés #6] "Le Manque". Marine Galland
19 avril 2020. En plein confinement face au COVID19, un texte écrit et lu par Marine Galland. "L’absence est à l’amour ce qu’est au feu le vent : il éteint le petit, il allume le grand Bussy-Rabutin Le manque de sortie, d’amis, de bar, de resto, de vélo, de spectacle, de formation, d’argent, de gens, de vacances, de déplacement… Tout ça n’est rien face au manque de TOI Je t’ai dis au revoir le 13 mars, ne sachant pas quand j’allais te revoir D’abord, la respiration, la libération, l’excitation Puis le calme, la réflexion, l’introspection… Et l’absence, le manque… 1 mois et demi plus tard, je suis toujours sans toi… c’est pas si long et en même temps … L’absence.. Le manque Pourquoi c’est si dur d’être sans toi ?  Nous avons eu tellement de difficultés à être ensemble Combien de fois, j’ai été fatiguée, j’ai voulu m’en aller ? Combien de fois, j’ai crié, j’ai pleuré car je n’arrivais plus à nous gérer… Il aura fallu un confinement pour que je ressente ton absence, le manque, le vrai Celui qui me fait réaliser qu’on est lié à jamais, et que le lien est plus fort que je ne le croyais L’absence, le manque, l’addiction, c’est quoi déjà ? Comment ça se traite ? Comment on gère ? D’abord le corps: je brûle d’envie de te sentir, de te toucher,c’est l’ocytocine il paraît… Que faire ? le virtuel ne remplacera jamais le contact physique…  je fais du sport, je mange du chocolat...Ah le corps Puis le mental, j’essaie de ne pas penser à toi, mais évidemment..te voilà partout, tout le temps dans ma tête, plus capable d’être dans l’instant présent et savourer cette liberté, qui m’est si chère pourtant… Je pense à toi, ton odeur, tes rires, ton regard… Tout me ramène à toi....il parait qu’on peut hacker son cerveau, mais je n’y arrive pas.. je me plonge dans mes activités, regarde des films qui m’emmènent ailleurs et qui finissent immanquablement par me ramener à toi. Ah le mental Enfin l’émotion. Les souvenirs, les semaines passent et j’oublie les mauvais .. tu te figes en un concept merveilleux, en symbole de mon bonheur, en image d’épinal.. Le sentiment de nostalgie, je me sens sans énergie, sans vie, plus rien n’a de sens, tout paraît dérisoire… J’abandonne, je me plie, je suis triste, tu me manque, et j’en pleure… J’ai l’impression que je ne te reverrai jamais, que l’on va s’oublier.. Puis la culpabilité me gagne… Je commence à avoir des dizaines de regrets, j’aurais dû plus en profiter quand je t’avais… L’émotion Et je sais que quand on se reverra, les difficultés seront toujours là Comme Eternal sunshine, je sais très bien comment ça va se passer, mais j’ai envie d’y retourner. Alors quand on va se retrouver, on aura peut être les mêmes difficultés, mais moi j’aurai changé Tu me manques - Je t’aime ma fille" Marine Galland
03:52
April 19, 2020
[Intimement confinés #5] "Introspection". Thierry Bilisko
18 avril 2020. En plein confinement face au COVID19, un texte écrit et lu par Thierry Bilisko. Un beau jour ou peut-être une nuit… Se retrouver seul. Seul face à soi. Seul face à soi-même. En introspection. En auto-analyse. En exploration intérieure. Au plus profond de son être. Se regarder. Se regarder en face. Fixer les yeux de celui que le poète appelle son pire ennemi dans le miroir. Sans peur. Faire le point. S’arrêter et faire le point.  Les poings serrés ou les mains ouvertes. Faire ce fameux point. Celui dont tout le monde parle. Sans l’avoir trop défini. Faire en sorte que le point d’interrogation devienne exclamation ou suspension. Regarder derrière soi. Mais regarder derrière soi pour se nourrir, pour avancer. Pas pour marcher à reculons, dos à l’avenir et négligeant le présent. Se servir du passé pour construire son avenir. Sans négliger pour autant le présent. Le présent. Ce temps si important parce que furtif. Le seul temps sur lequel on a un impact. Celui que l’on ressent sur l’instant, avec ou sans tact. Celui qui nous arrive, qui nous enveloppe, qui nous attaque. Le seul qui nous rend réellement responsable de nos actes. Le seul qui nous permet de jouir. Le passé est passé et l’avenir est à écrire. Le passé se lit, le futur s’écrit, le présent se vit. Les souvenirs du passé peuvent être heureux. La perspective d’un avenir peut être joyeuse. Mais seul le présent peut nous offrir le frisson de l’instant. De l’éphémère. De la magie de l’éphémère. De l’instant qui à peine passé appartient déjà au passé. Carpe Diem. Sucer la moëlle épaisse de la vie, dit le poète. Oh capitaine. Se regarder sans pour autant se regarder le nombril. Sans pour autant s’égocentrer. Se regarder pour se comprendre. Pour s’éclairer. Chacun sa lanterne pour éclairer le chemin qui s’ouvre sous ses pieds. Se comprendre sans jamais s’oublier. Comprendre ses envies profondes, ses besoins les plus essentiels. Ne jamais s’oublier pour quelqu’un ou derrière quelque chose. Ne jamais s’oublier. Ressentir. A nouveau. Re-sentir. De nouveau. Ne pas s’oublier, jamais, sans pour autant tout ramener à soi. Sans se baser sur son seul ressenti et sa subjectivité inévitable. Le Monde ne tourne pas autour de moi. C’est moi qui danse sur le Monde. C’est moi qui danse. Et je danse le Monde. Et je danse avec le Monde. Et je vole au-dessus du Monde. Je survole le Monde. En parfaite harmonie avec lui. En osmose. Je ne subis pas le Monde. Je le vis. Je le respire. Je m’osmose à lui. Je me métamorphose en lui. Je me juxtapose à lui. J’oublie mes névroses grâce à lui. J’ose avec lui. J’ose être lui. Le Monde et moi ne formons plus qu’un. Je suis le Monde et il est moi. Il est mien. Et je vole. Je m’envole. Les pieds sur terre et la tête dans les étoiles. Je tourne et retourne. Sans me retourner. Laissant loin derrière mon passé. Sans souci de l’avenir. Focalisé sur mon présent. Celui que je construis, ici et maintenant. Avant qu’il ne soit que passé. Heureux ou regret. Je danse. Je vis. Je danse avec la vie. Thierry Bilisko
04:11
April 18, 2020
[Intimement confinés #4] "Lettre à l'inconnu(e)". Laurent BARSELO
17 avril 2020. En plein confinement face au COVID19, un texte écrit et lu par Laurent BARSELO. "Je t’écris pour te dire que je ne te connais pas A cette adresse inconnue qui n’appartient qu’à toi Le retour de l’envoyeur à l’envoyé Je t’écris pour te dire que la dernière fois était une première Un de ces moments hors du temps, qui ouvre bien des portes Et que l’on ne sait jamais ce qui se cache derrière Je t’écris car je me suis fait surprendre et que j’ai perdu la clé Egarée par mégarde à force de te regarder Je t’écris pour te dire que je ne vois plus que le temps passer Que le moment s’éloigne ce jour où je vais te découvrir Enfin déconfiné de moi-même, la porte prête à s’ouvrir Je t’écris pour que tu touches ma lettre de tes doigts Moi qui ne peux toucher quelqu’un que je ne connais pas Le timbre collé à l’encre humide de mes lèvres qui ne t’atteindront pas Je t’écris pour te dire tout. Dire « nous » je ne le peux encore, « nous » n’existe pas. Que si un jour ton verbe se fait chair, je veux te conjuguer au plus-que-parfait. A l’instant, la réalité me frappe, le présent me rattrape et ton être n’est pas là. Pas si simple. Je t’écris pour orthographier ce que je ne peux pas susurrer à ton oreille délicate Toi qui ne me vois pas, qui ne m’entends pas, me lis-tu seulement ?... Je t’écris car je ne sais pas dire. Mais ça, tu le sais déjà, toi que je ne connais pas."
01:41
April 17, 2020
[intimement confinés #3] "Ma chère Anna...". Odile Martin
15 avril 2020. En plein confinement face au COVID19, un texte écrit et lu par Odile Martin. « Ma chère Anna, Il est tard ce soir et je ne trouve pas le sommeil. Me reviennent en mémoire ces dernières semaines, ces derniers mois. Par où commencer ? Je ne sais pas. Peut- être commencer par te dire que lorsque je t’imagine, je te vois assise sur ton lit, face à la fenêtre, les yeux dans le vide. Je t’imagine avec cette petite robe rose que j’aime tant et qui te ressemble. Je te vois, telle que je t’ai quittée, il y a de cela plusieurs jours. Deux jours pour être exact. Je t’imagine avec ce voile de tristesse que je t’ai vu avoir tant de fois quand tu me regardais. Tout aurait pu être si différent. Je n’ai pas voulu tout ça. Je t’imagine lever les yeux au ciel en lisant ces quelques mots. Ce petit air un peu hautain que tu avais parfois lorsque tu trouvais que je disais des inepties. Qu’est- ce que j’ai aimé voir ce regard et comme il me manque ! Je repasse en mémoire notre rencontre, nos regards qui se croisent et nos corps presque aimantés l’un vers l’autre. Ce jour- là, j’ai compris. Compris que ce genre de rencontre existait. Moi qui étais si rationnel, je me suis senti transporté dans les airs, le cœur dans les nuages. Tu me raconterais plus tard, que pour toi aussi, ça avait été comme une tempête intérieure, un ouragan, un tsunami. Mais tu ne faisais pas confiance facilement, tu n’étais pas prête à t’engager ou pas prête à croire en l’amour. Alors on a joué au jeu de la séduction et puis…on s’est laissé prendre au piège. C’était tantôt moi dans tes filets, tantôt toi dans les miens. Le jeu de l’amour et du hasard ? Non, le hasard, tu n’y croyais pas. Tu m’as toujours parlé de destin, de notre rencontre qui était prédestinée. Bref, je m’égare. Je ne t’écris pas pour te raconter notre histoire, tu la connais déjà si bien. Si je t’écris ce soir, c’est juste pour te dire que peu importe le temps qui passe, peu importe les années, mon cœur est à toi. J’aurais voulu que tout soit différent, que tu comprennes. Mais je sais que je t’en demande certainement trop. Alors ce soir, comme hier et comme les 365 prochains jours, et les 365 suivants, je te reverrai dans cette petite robe rose, les yeux dans le vide. Et peut- être que dans mes rêves, au lieu de ce regard triste, tu lèveras les yeux vers moi et que tu me souriras. De ce sourire qui a fait chavirer mon cœur. Ne m’en veux pas. Je t’aime. Franck. » Anna reposa le papier sur le couvre- lit. Elle était assise face à la fenêtre. Aussi précisément que Franck l’avait décrite. Elle ferma les yeux un instant. Franck. Elle regarda une dernière fois la fenêtre ouverte face à elle. Elle sentait le vent qui faisait bouger ses cheveux. Elle prit une grande inspiration et se leva. Franck. Elle se demanda si elle le retrouverait un jour. Elle n’avait pas peur. Elle monta sur le rebord de la fenêtre. Le monde lui parut immense. Franck. Elle ferma les yeux. Dieu réunit ceux qui s’aiment. Qui avait chanté cette chanson déjà ? Anna sourit et sauta.
04:02
April 15, 2020
[Intimement confinés #2] "Laisse-toi faire". Jeanne Chartier
13 avril 2020. En plein confinement face au COVID19, un texte écrit et lu par Jeanne Chartier.  Laisse-moi respirer. Laisse-moi vivre. Laisse-moi dire. Laisse-Moi faire. Laisse-moi abandonner, me questionner, renoncer puis me battre. Laisse-moi être faible puis forte. Je veux être humaine. Je désire par-dessus tout être inconstante. Croire en ci mais faire ça. Crois-tu que je puisse le faire sans que tu me donnes ton avis réprobateur ? Mon cœur a décidé de me donner son avis sur tout et ce depuis que ma liberté a été mise au placard de mes envies ! Je voudrais faire ce que je rêve d'être mais maintenant que je ne peux plus bouger je voudrais danser ? Crois-tu mon cœur que cette réaction soit sincère ? Je te le demande parce que ma tête semble avoir abandonné. Elle fait ce qu'on lui a demandé. La consommation étant maintenant un film de science-fiction il n'y a plus que le vrai qui trouve à s'exprimer. Aie. Obligée de regarder la vérité en face. Seule face à sa glace. Le gras d'une vie confortable me laisse pantoise je me toise. Toi ? Qu'est-ce que t'as fait ? Qu'est-ce que tu pourrais faire maintenant qu'on t’a retiré ton lieu avec la société ? Tu l'aimais cette société qui pourtant t'en a fait baver...t'as prise pour une serpillère a peine arrivée... mais toi pleine d'eau usée tu as continué à nettoyer et te voilà certes usée mais spécialiste en pots cassés. Va, vis et laisse-toi faire . Si c'est pas demain ça sera bientôt que tu pourras rire, chanter et danser. Garde un peu de ton rire pour le partager avec ceux qui auraient oublié que le plus dur c'est pas de le vivre mais bien d’arrêter de culpabiliser. Garde un peu de tes larmes pour les laisser couler quand une mère aura trop pleuré de ne pas avoir su faire ce qu'il fallait. Toi qui comme moi a peur de faire, mal faire, pas faire, bien faire ou trop faire. Toi qui recules le moment où tu accepteras que ce que tu es c'est ce que tu as. Toi que je soupçonne de ne pas dire ce que tu penses de peur qu'on ne veuille pas de toi. Toi.... je t'aime déjà . Je t'aime parce que je sais que c'est pas ce texte qui te changera. Je t'aime parce que si tu l'as écouté jusqu'au bout c'est que quelque part… toi et moi on a déjà ce souvenir là... et qu'est ce qui constitue une amitié selon toi ? Pour moi c'est de pouvoir se souvenir de moment comme celui-là. Prends soin de toi. Signé. Moi. Jeanne Chartier, le 13 avril 2020
02:47
April 13, 2020
[Intimement confinés #1] "Peur, je t'ai au ventre. Respire. Reprenons notre souffle." Emilie Soulez
8 avril 2020. En plein confinement face au COVID19, un texte écrit et lu par Emilie Soulez. "De l’attraper, d’en suffoquer, la peur. Terrés chez nous, proies multiples, proies faciles, du virus couronné, distanciés, cloués, sur nos écrans, nous avons peur. Devenir fous. S’aliéner seuls, ou s’allier à ceux qui nous entourent, craindre : la folie routinière, l’enclos, le vase clos, la perte. Perdre. Leur travail, ma vie sociale, notre image de marque, votre revenu, ma sécurité, ta « day-to-day life », votre entreprise, le fruit de tous nos efforts, perdre les autres. Vous, nous, toi et moi, les autres. Se quitter, se séparer, se distancier. S’éviter, se méfier, pas bouger, stop. Sécurité. « Stay home ». Restez chez vous. Perdre le mouvement. Immobiles. Rues désertes, capitales dépouillées, de leurs habitants, visiteurs, travailleurs, commerçants, artistes, capitales désertes, pays dénudés, pays en coma artificiel. Coma. France sous respirateur, Europe sous perfusion, Monde en détresse, ils ont peur, vous avez peur, j’ai peur… Pronostic vital, pronostic capital, pronostic économique : engagés. Prévoir. Imaginer, faire des plans, refaire le film, commenter la courbe, les décisions, les choix…dire. Donner son avis, hurler, murmurer, dire. Participer. A l’imaginaire collectif, contribuer, puis propager la peur, calmer la peur, envahir la toile, s’étendre, s’épancher, se diluer, s’embrouiller, se terrer sans se taire. Tarir la source. Des commentaires, des jacasseries, des aides, des ravitaillements, des allers et venues, stopper l’utile, l’inutile, le superflu, s’arrêter. Stop. Maintenir à un fil, nos vie. Peur, je t’ai au ventre. Au cœur. De ne plus battre, d’oublier le tempo. Déprogrammer, annuler, modifier, revoir, revenir en arrière, ralentir, remettre à zéro, repartir de rien. Vide. Off. Attente. Angoisse, nervosité, chaleur, soleil, tension. Ils guettent, surveillent, se préparent, reprennent leurs esprits, puis les échauffent. Nous nous raisonnons, ou pas. Réfléchir. Trouver le reflet, voir, changer d’angle, apercevoir, vérifier, se rendre compte, entendre l’écho. Continuez. Gardons le cap, penses-y encore, parlons-en, découvrons, regardez : il se passe, il se produit, il se joue… quelque chose. Quoi. Je ne sais pas. Respire. Souffle, inspirez-vous les uns les autres, appel d’air. Air. Battements du cœur, mouvement, clignement de cils, pouls, poitrine, regard. Rassembler nos forces. Trouver la nouvelle mesure, le rythme, fédérer, identifier les leviers, les ascenseurs, les ponts, réunir. Union. Ensemble. Reprenons notre souffle." Emilie Soulez, le 8 avril 2020
04:07
April 8, 2020
Jean-Pierre Riehl, Directeur de l'innovation chez AZEO [Leaders communicants #11]
Homme de convictions, il aime communiquer sur ce qu'il maîtrise et comprend. Geek au service de l'innovation et de la transformation digitale des entreprises, Jean-Pierre Riehl prend la parole face des publics divers -  la communauté de la DATA Microsoft en France par exemple, mais aussi des clients parfois moins connaisseurs de la techno. Analyse, préparation, esprit d'équipe, inspiration, pédagogie font partie des ingrédients de sa réussite. Emilie Soulez reçoit Jean-Pierre Riehl, Directeur de l'innovation chez AZEO et Président de l'association GUSS. #conviction #défricher #innover #idées #miseenoeuvre #techno #solutions #analyse #ElevatorPitch #OutsideTheBox #conférences #pédagogie #inspiration #équipe
33:04
March 9, 2020
Renaud Nadjahi, Président de l'URPS Pharmaciens IDF [Leaders communicants #10]
Apporter de l'humain à la technocratie, redonner toute sa place au pharmacien, défendre les intérêts de la profession auprès des institutionnels et politiques. En tant que Président de l'URPS Pharmaciens Ile-de-France, Renaud Nadjahi porte un discours engagé, corporatiste, fondamentalement tourné vers le patient. Savoir aller droit au but, avec peu de mots, c'est l'une de ses nombreuses qualités de communicant. Emilie SOULEZ reçoit Renaud Nadjahi, Président de l'URPS Pharmaciens idf et pharmacien titulaire à la pharmacien Nadjahi de Carrefour Rambouillet #humain #passion #pharmacien #savoirvivre #droitaubut #corporatiste #reconnaissance #professionnel de santé #convaincu #cohérence #respect #leader #URPS
23:49
February 25, 2020
François Roure, Fondateur de Chorus Life [Leaders communicants #9]
Un autodidacte passionné, amoureux de la musique et aimant les gens : c'est ce qui fait de François Roure un leader brillant à la tête de 13 chorales corporate. "La musique appartient à tout le monde" ; et chanter, c'est un chemin possible pour "faire la paix avec soi-même". Pour lui , diriger une chorale, c'est savoir mettre les autres en lumière et souvent s'effacer, c'est avoir d'abord une ambition pour le groupe. Emilie SOULEZ reçoit François Roure, Fondateur de Chorus Life, chef de choeurs et coach. #empathie #coach #voices #ChorusLife #ambition #autodidacte #musique #collectif #paix #autodidacte #StarAc
31:18
February 10, 2020
Didier Moinereau, Président de la CPME 91 et Vice-Président de la CPME IDF [Leaders communicants #8]
Présider un syndicat patronal tel que la CPME, c'est faire valoir les droits des entreprises et de leurs dirigeants, oeuvrer pour l'avenir économique des TPE et PME. Didier Moinerau préside la CPME de l'Essonne avec instinct et bienveillance. Il évoque dans ce podcast les clés d'une communication qui se doit modérée et représentative des adhérents. Communicant engagé mais sans étiquette, à l'écoute de la diversité et fidèle à la fonction. Emilie SOULEZ reçoit Didier Moinereau, Président de la CPME 91 et Vice-Président de la CPME IDF. Fondateur et gérant de l'agence Communic'Action. #cpme #syndicat #patronat #entreprises #portée #voix #optimisme #entreprendre #interprofessionnel #représentativité #défenseur #lobbying #discrétion #bienveillance #retraites #prélèvementàlasource #giletsjaunes #construire #avancer
31:04
January 27, 2020
Guillaume de Durat, Président de l'Université d'été des déserts médicaux et numériques [Leaders communicants #7]
Suffit-il d'avoir des convictions pour prendre la parole ? Il faut aussi une légitimité, un travail de fond sur les dossiers, une tribune, un réseau... Un consultant en affaires publiques dans la santé, expert d'un certain nombre de sujets, avocat de formation, et patient concerné par le parcours de soins, prend la parole avec précision et audace. Parcours hors norme, haute dose d'humanité et personnalité remarquable. Emilie Soulez reçoit Guillaume de Durat, Président et fondateur de l'Université d'été des déserts médicaux et numériques, consultant en affaires publiques dans le domaine de la santé et e-santé, missionné sur les questions d'éthique en santé numérique, et patient.  #fond #analyse #convictions #légitimité #dossier #avocat #consultant #esanté #patient #désertsmédicaux #désertsnumériques #parole #dire #leader #changerlemonde #parlervrai #sansfiltre 
24:37
January 13, 2020
Catherine Cornibert, dirige les Actions et la Communication de l'association SPS [Leaders communicants #6]
Prendre soin des soignants et des professionnels en santé rendus vulnérables, communiquer pour prévenir, accompagner avec bienveillance, et surtout apporter des clés, partager les solutions. Engagement, parler vrai et sérieux sont au coeur de cet échange. Emilie Soulez reçoit Catherine Cornibert, qui dirige les actions et la communication de l'association SPS - Soins aux Professionnels en Santé. #soins #soignants #burnout #vulnérable #prévention #engagement #clés #solutions #merci #confiance #SPS #communicante #savoirluidire
24:60
December 30, 2019
Assya Van Gysel, Cofondatrice de TEDx Saclay [Leaders communicants #5]
Réussir à être réellement soi-même, gagner en authenticité, savoir s'ancrer pleinement dans l'instant présent, prendre ses responsabilités et passer à l'action... Une philosophie de vie inspirante, avec une femme inspirée et sensible aux énergies. Emilie Soulez reçoit Assya Van Gysel, Cofondatrice de TEDx Saclay. #êtresoi #authentique #passion #rencontres #serendipité #action #responsable #instantprésent #TEDx  #speaker #timide
26:39
December 23, 2019
Yvan Lubraneski, Maire des Molières et Président de l'association des Maires ruraux de l'Essonne [Leaders communicants #4]
Faire évoluer les pratiques politiques, en développant une démocratie ascendante, sortir des lieux communs dans les discours, impliquer tous les citoyens, et avancer collectivement sur des idées. Un communicant multi-outils et engagé, à la fois homme de communication et homme de scène… Emilie Soulez reçoit Yvan Lubraneski, Maire des Molières, Président de l'association des Maires ruraux de l’Essonne et fondateur de l'agence ComRéa. #democratieascendante #coopération #maire #Molières #rocardien #discours #passion #artiste #engagement #élu #savoirluidire #communication
32:08
December 16, 2019
Dominique Noël, Présidente du Festival de la Communication Santé [Leaders communicants #3]
Être un relais de communication pour les patients, laboratoires et institutions de santé, œuvrer pour une communication santé transparente, éthique, et engagée. La Présidente du Festival de la communication santé évoque les figures et les causes qui l'inspirent, avec bienveillance et modestie. Une femme de challenges tournée vers les autres, pour ce troisième épisode. Emilie Soulez reçoit Dominique Noël, Présidente du Festival de la Communication Santé. #santé #transparence #éthique #parole #patients #FCS #communication #relais #voix #engagement #biencommun
17:49
December 10, 2019
Jacques Battistoni, Président du syndicat MG France [Leaders communicants #2]
Les déterminants familiaux qui - parfois - incitent à prendre la parole, l'introversion et la confiance en soi, la volonté de représenter toute une profession, d’œuvrer pour le collectif, avec empathie et conviction, et l'art oratoire sous béta-bloquants... ! Un échange riche pour ce deuxième épisode, avec un médecin leader communicant.  Emilie SOULEZ reçoit le Docteur Jacques Battistoni, Président de MG France.  #dire #introverti #altruisme #médecin #communicant #empathie #écoute #conviction #collectif #indignation 
26:35
December 2, 2019
Peter Reinshagen, Directeur Général d'Ermewa [Leaders communicants #1]
Prendre la parole à bon escient, avec constance et authenticité. Des mots et des actes, pour participer à sauver le monde. Beau programme pour ce premier épisode de SAVOIR LUI DIRE, le podcast. Emilie Soulez reçoit Peter Reinshagen, Directeur Général de Ermewa SA. #constance #authenticité #why #sauverlemonde #émotion #savoirluidire #leader #communicant #fretferroviaire
17:41
November 25, 2019
[Saison 1] SAVOIR LUI DIRE, le podcast
Emilie SOULEZ présente SAVOIR LUI DIRE, le podcast des hommes et des femmes leaders qui communiquent... Découvrez ici votre nouveau rendez-vous à venir. [Musique originale : Laurent Barselo Waltzer pour Savoir lui dire]
01:02
November 16, 2019